Archives de catégorie : Actualités

Rassemble les rapports sur les actions passées

Les nouvelles lampes, les LED. Bon marché = bonne santé ?

Un article de David Boukris

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Avant toutes explications, il est nécessaire de savoir ce qu’est une LED, ses propriétés, ses caractéristiques et dans quelle catégorie de lampe les classer.

Les LED sont une source de lumière artificielle produite à partir d’électricité au même titre que les lampes à décharges ou lampes à incandescence. Ces dernières sont les plus couramment utilisées mais la tendance actuelle vise à les remplacer par les diodes électroluminescentes (LED). En effet les modes d’éclairage actuel sont en déclin au profit des LED qui produisent plus de luminance pour moins d’énergie consommée et avec une durée de vie plus grande.  Continuer la lecture de Les nouvelles lampes, les LED. Bon marché = bonne santé ?

Remise du prix Yves Pouliquen 2015

Remise du prix Yves Pouliquen 2015.
Remise du prix Yves Pouliquen 2015.

Le prix Yves Pouliquen 2015 du Centre de Recherche d’Ophtalmologie (CRO) qui récompense les jeunes chercheurs a été attribué à Cécile Lebon, de l’équipe du Pr. Behar-Cohen, pour son travail sur la dégénérescence de la rétine lors de l’ataxie spino-cérébelleuse de type 7. Il s’agit d’une maladie génétique rare de la famille des maladies à polyGlutamine qui touche le cerveau et le cervelet, mais aussi la rétine. La mort des photorécepteurs se produit en plusieurs « vague » et implique des voies de mort alternatives comme l’apoptose indépendante des caspases ou encore la dégénérescence sombre, qui a été observée pour la première fois dans la rétine.

Remise du Prix Yves Pouliquen en présence  de gauche à droite, Dr. J.A. Bernard, B. Goldenberg, C. Lebon et le Pr. G. Soubrane.
Remise du Prix Yves Pouliquen en présence de gauche à droite, Dr. J.A. Bernard, B. Goldenberg, C. Lebon et le Pr. G. Soubrane.

 

 

« Le voyant » de Jérome Garcin

Un livre magnifique, une leçon de vie à lire d’urgence par les mal voyants et tous les autres

Le dernier livre de Jérome Garcin « Le voyant » est un livre d’espoir pour tous ceux qui ont perdu la vue, ou ont peur de la perdre … mais pas seulement . Un livre à lire aussi par tous !
L’aveugle résistant tel est le bandeau qui accompagne ce livre.
Le Voyant, c’est la vie incroyable de Jacques Lusseyran, né en 1924, devenu aveugle à 8 ans suite à un accident à l’école. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir résistant à 16 ans, d’enseigner aux États-Unis, d’écrire des livres. Il a tout de suite perçu que cette perte et cette différence seraient sa force. Tout de suite, il a développé d’autres sens, et vécu dans un monde extraordinaire de sons, d’odeurs, de sensations … et aussi d’amour et d’amitié.
Le Voyant peut aussi se lire comme l’extra-lucide ! La nuit dans laquelle Jacques Lusseyran était plongé lui permettait aussi de vivre dans une grande lumière.
« J’ai su très tôt, dira-t-il plus tard, en se souvenant de son enfance, que la cécité me protégerait contre une grave misère : celle d’avoir à vivre avec les égoïstes et les sots. Car seuls venaient à moi ceux qui étaient capables de générosité et de compréhension.
Son handicap visuel n’a pas empêché Jacques Lusseyran d’entrer dans la Résistance à 16 ans, de créer un réseau « Les Volontaires de la Liberté » dont il sera le chef. Il sera également arrêté, déporté à Buchenwald et en reviendra.
Martin Scorcese a le projet d’un film autour de ce personnage inouï … peu connu en France.
C’est tout le mérite du livre de Jérome Garcin, de faire revivre Jacques Lusseyran. Jérome Garcin, journaliste, animateur du « Masque et la Plume », écrivain, qui au fil de son livre ravive la mémoire d’un homme incroyable au destin inouï. Ce que l’on pourrait qualifier d’exercice d’admiration.
C’est en effet un parcours extraordinaire que raconte le livre. Une vie d’homme, de professeur contraint d’aller exercer aux États-Unis, l’enseignement lui étant interdit en France !
Un destin exceptionnel, non dénué d’ombres. Un homme qui a été marié trois fois, a eu des enfants et a trouvé la mort à 47 ans dans un accident de voiture !

Un livre lumineux, qui donne force et courage. « Le Voyant »  élève  l’âme, l’esprit et le cœur, et incite à vivre les yeux grand ouverts, sans détourner le regard .

Anne Marie Jourdan

 

À quoi servent vos dons ?

L’angiographie à fluorescéine et au vert d’indocyanine sont les examens de l’œil qui permettent une analyse précise des anomalies circulatoire de la rétine. En clinique, ce sont des moyens irremplaçables pour connaître l’état des vaisseaux du fond d’œil, en particulier chez les patients atteints de rétinopathie diabétique et de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
Dans notre laboratoire, nous créons un modèle de néovascularisation choroïdienne induit par laser chez le rat et la souris, le seul modèle de la DMLA néovasculaire, pour tester de nouvelles molécules thérapeutiques. L’angiographie est utilisée pour évaluer in vivo la progression de la néovascularisation dans le temps. Pour ce faire, un colorant fluorescent est injecté dans la veine de la queue de l’animal, les angiogrammes sont obtenus de façon non-invasive aux phases précoces (1-3 minutes après injection du colorant) et tardive (6-8 minutes après injection du colorant) avec une caméra rétinienne dédiée à l’imagerie du petit animal.

L’animal (rat ou souris) est maintenu avec la main gauche de l’expérimentateur, devant la caméra. On observe sur l’écran, les vaisseaux du fond d’oeil.
L’animal (rat ou souris) est maintenu avec la main gauche de l’expérimentateur, devant la caméra. On observe sur l’écran, les vaisseaux du fond d’oeil.

Les images seront ensuite examinées selon les scores qui décrivent la taille des néovaisseaux et l’intensité de la fluorescence. L’observation en angiographie permet de sélectionner les molécules les plus efficaces pour réduire les néovaisseaux. Les résultats des traitements sur l’animal, sont transférables en clinique humaine.

L’angiographe (HRA II- Sanotech) utilisé pour les expérimentations décrites, a été financé en septembre 2014, grâce à la générosité des adhérents du CRO que nous remercions très chaleureusement.
L’angiographe (HRA II- Sanotech) utilisé pour les expérimentations décrites, a été financé en septembre 2014, grâce à la générosité des adhérents du CRO que nous remercions très chaleureusement.

Remise du prix Pouliquen 2014

Laura Le Prix 2014Grâce à son cursus d’ingénieur agronome via un apprentissage dans une start up produisant une protéine thérapeutique (Cytheris), Laura Kowalczuk s’est spécialisée dans les biotechnologies pour la santé. Cette formation lui a ouvert la porte dans le monde de l’ophtalmologie à travers le développement d’une technologie innovante qui assure la production de protéines thérapeutiques dans les milieux oculaires.
Sa thèse en Sciences a porté sur l’application de l’électrotransfert du muscle ciliaire, une méthode de thérapie génique non virale développée par un des groupes de recherche de l’équipe 17 du Centre de Recherche des Cordeliers. Pour évaluer l’efficacité de cette méthode d’administration de protéines, les effets de la production d’un agent anti-TNF-alpha ont été étudiés dans un modèle d’uvéite auto-immune expérimentale (1). Cette nouvelle technologie a également été utilisée afin de caractériser les effets de la sécrétion soutenue d’un facteur de croissance impliqué dans la rétinopathie diabétique (2).
Son parcours postdoctoral lui a ensuite permis d’acquérir des compétences multidisciplinaires, au carrefour de l’application de la technologie LASER femtoseconde et des biotechnologies en ophtalmologie expérimentale.
Au cours de son post-doctorat dans l’équipe du Dr Karsten Plamann (Groupe « Optique Photonique Santé », Laboratoire d’Optique Appliquée), elle a mené une étude d’imagerie corrélative afin de caractériser des anomalies cornéennes chez les individus diabétiques, grâce à une étroite collaboration entre les physiciens-opticiens de l’École Polytechnique, les ophtalmologistes et les biologistes de l’Hôpital Hôtel-Dieu de Paris (3).
Laura a réintégré l’équipe 17 des Cordeliers en 2012, dans le cadre d’un projet collaboratif Public-Privé visant à développer des thérapies protéiques innovantes contre la DMLA. Parallèlement à ce projet, elle a conduit une étude pilote avec l’Ophthalmic Biophysics Center (Bascom Palmer Eye Institute, Université de Miami), dans la continuité du développement de l’iontophorèse. Cette méthode d’administration de médicaments a été inventée par Francine Behar-Cohen et Jean-Marie Parel à la fin des années 90. Cette nouvelle collaboration a permis de démontrer la possibilité de l’utiliser dans une procédure thérapeutique photo-dynamique dont le but est de ralentir la progression du kératocône. L’iontophorèse permet en effet de délivrer l’agent photo-sensibilisant utilisé au cours de cette procédure, la riboflavine, à travers la barrière épithéliale de la cornée (4). Ce projet qui a été récompensé par le prix Yves Pouliquen en 2014 ouvre de nombreuses perspectives d’applications de la thérapie photo-dynamique contre les pathologies cornéennes.
Aujourd’hui, Laura Kowalczuk est Maître-Assistante à l’Hôpital Ophtalmique Jules-Gonin et participe à la mise en place du réseau de recherche translationnel Transvision, créé par le Prof. Francine Behar-Cohen, à travers lequel elle poursuivra ses travaux de recherche en ophtalmologie.

(1) Kowalczuk L, Touchard E, Omri S, Jonet L, Klein C, Valamanesh F, Berdugo M, Bigey P, Massin P, Jeanny JC, Behar-Cohen F. Placental Growth Factor contributes to micro-vascular abnormalization and blood-retinal barrier breakdown in diabetic retinopathy. PLoS ONE. 2011;6(3):e17462. doi:10.1371/journal.pone.0017462

(2) Kowalczuk L, Touchard E, Camelo S, Naud MC, Castaneda B, Brunel N, Thillaye-Goldenberg B, Bigey P, BenEzra D, de Kozak Y, Behar-Cohen F. Local Ocular Immunomodulation Resulting from Electrotransfer of Plasmid Encoding Soluble TNF Receptors in the Ciliary Muscle. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2009;50(4):1761-1768

(3) Kowalczuk L, Latour G, Bourges JL, Savoldelli M, Jeanny JC, Plamann K, Schanne-Klein MC, Behar-Cohen F. Multimodal highlighting of structural abnormalities in diabetic rat and human corneas. Trans Vis Sci Tech, 2013,2(2):3. doi: http://dx.doi.org/10.1167/tvst.2.2.3

(4) Arboleda A, Kowalczuk L, Savoldelli M, Klein C, Ladraa S, Naud MC, Parel JM, Behar-Cohen F. Evaluating in vivo delivery of riboflavin with Coulomb-Controlled Iontophoresis for Corneal collagen crosslinking – A Pilot Study. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2014 ;55(4) :2731-2738 doi: 10.1167/iovs.14-13931.

Les thérapies cellulaires et la rétine

Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que l’on a démontré avec certitude l’existence, chez l’Homme, de certaines zones du Système Nerveux Central (SNC) capables de renouveler en permanence leurs neurones. Ces observations ont été le point de départ de multiples travaux dont l’objectif principal était de comprendre les mécanismes de cette neurogenèse afin d’en tirer profit pour remplacer les neurones dégénérés et/ou pathologiques. Ces études ont été menées sur l’ensemble du SNC qui inclue la rétine. En effet, la rétine localisée au fond de l’œil, partage la même origine embryonnaire que le cerveau. Comme lui, elle contient des neurones et des cellules gliales (Fig.1).

 

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Figure 1 : A- Schéma d’une coupe d’œilhumain (d’après webvision.med.utah.edu )sur lequel est représenté l’emplacement de ses principales composantes : procès ciliaires, iris, cristallin, pupille, humeur aqueuse, cornée, humeur vitrée, sclère (blanc de l’œil), choroïde et rétine.
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En B, représentation schématique d’une coupe de rétine repérée par le rectangle blanc sur le schéma A (Image modifiée de Helga Kolb, 2003). La stimulation visuelle va entrer dans la rétine jusqu’à l’épithélium pigmentaire, elle sera transformée en message électrique (phototransduction) dans les photorécepteurs (cônes et bâtonnets). Ce message électrique, modulé par l’action des cellules horizontales (H) et des cellules amacrines(Am), sera transporté à travers les cellules bipolaires vers les cellules ganglionnaires. Ce sont les prolongements de ces cellules qui formeront le nerf optique et qui enverront le message électrique vers les centres visuels du cerveau.

En B, représentation schématique d’une coupe de rétine repérée par le rectangle blanc sur le schéma A (Image modifiée de Helga Kolb, 2003). La stimulation visuelle va entrer dans la rétine jusqu’à l’épithélium pigmentaire, elle sera transformée en message électrique (phototransduction) dans les photorécepteurs (cônes et bâtonnets). Ce message électrique, modulé par l’action des cellules horizontales (H) et des cellules amacrines(Am), sera transporté à travers les cellules bipolaires vers les cellules ganglionnaires. Ce sont les prolongements de ces cellules qui formeront le nerf optique et qui enverront le message électrique vers les centres visuels du cerveau.
À l’inverse de ce que l’on a montré chez certains Vertébrés non mammaliens, la preuve d’une régénérescence continue des neurones rétiniens n’a jamais été apportée chez l’Homme. Cependant, il n’est pas rare d’observer des cellules réactives lors de pathologies neurodégénératives. Ces cellules contiennent de la Nestine, une protéine que l’on trouve généralement dans les cellules en mitose. Notre laboratoire s’efforce actuellement de préciser la nature exacte ainsi que les modalités fonctionnelles de ces cellules afin de déterminer un possible potentiel endogène de réparation dans la rétine adulte (Valamalesh et al., 2013).
Un certain nombre d’arguments suggèrent que ce sont les cellules gliales de Muller qui se dédifférencieraient pour former des cellules souches endogènes à l’origine de nouveaux neurones. Toutefois, aucune preuve formelle de la fonctionnalité de ces nouvelles cellules n’a pu être apportée. Il est fort probable que l’environnement adulte dans lequel se trouvent ces nouvelles cellules souches n’est pas adapté à leur croissance. Le travail que nous avons entrepris porte donc sur l’étude des différents facteurs environnementaux susceptibles d’intervenir dans la maturation fonctionnelle des cellules souches endogènes.
Les travaux expérimentaux visant au développement des thérapies cellulaires sont de plus en plus nombreux. Ils font principalement appel :
• à l’utilisation de cellules souches provenant de donneurs
• à l’utilisation de cellules transformées – les cellules pluripotentes induites
• à des stimulations électriques favorisant la neurogenese.
I. Les cellules souches :
a) Qu’est-ce qu’une cellule souche ?
Une cellule souche est une cellule non différenciée, qui, après différenciation, peut être à l’origine de cellules spécialisées. Elles sont présentes chez l’embryon et dans certains organes ou tissus adultes. On distingue :
– les cellules souches totipotentes  qui sont à l’origine de tous les types cellulaires et donc d’un organisme entier.
– les cellules souches pluripotentes qui sont être à l’origine de différents types cellulaires conduisant à la formation de tous les tissus d’un organisme. Toutefois, elles ne peuvent pas produire un organisme entier.
– les cellules souches multipotentes qui sont à l’origine d’un nombre restreint de cellules différenciées.
– les cellules souches unipotentes qui ne peuvent donner qu’une seule sorte de cellule (elles peuvent cependant, comme toute cellule souche, s’auto-renouveler)
En thérapie cellulaire, il est possible d’utiliser des cellules souches provenant soit d’un embryon, soit d’un organisme adulte. Chez l’Humain, les cellules souches embryonnaires sont des cellules pluripotentes prélevées chez un embryon quelques jours après la fécondation. Les cellules souches adultes proviennent de tissus capables de se renouveler comme la moelle osseuse (à l’origine des cellules sanguines), l’épiderme ou encore le tissu adipeux. Ce sont des cellules multipotentes que l’on trouve en quantité limitée et qui ne produisent que certains types de cellules en fonction de leur tissu d’origine
a) Avantages/Inconvénients :
Pour les cellules souches embryonnaires,
• Elles sont douées d’une grande plasticité qui permet d’obtenir le type de cellule dont on a besoin
• Elles sont virtuellement « immortelles » en culture
Mais
• Il peut y avoir des rejets lorsqu’elles sont insérées dans un organisme
• On note également un risque important de fabrication de tumeurs car chez l’embryon les mécanismes de contrôle quant à leur différenciation ne sont pas les mêmes que dans un organisme adulte
• L’utilisation de cellules souches embryonnaires est très réglementée en France car elle requiert la destruction d’embryons humains, ce qui pose un problème éthique
Pour les cellules souches adultes,
• Ils semblent que leur plasticité soit beaucoup plus grande que ce que l’on pensait auparavant. Ainsi une cellule souche de moelle osseuse adulte peut contribuer non seulement à la formation de moelle et de sang mais aussi à la formation de cellules de foie, de poumon, de tube digestif, de peau, de cœur et de muscle.
• Elles peuvent provenir d’un même individu, donc il n’y a pas de rejet
• Elles ne seraient pas tumorigènes
Mais
• Leur durée de vie est plus limitée (nombre de générations cellulaires plus restreint).
• Leur quantité est limitée.
• Elles sont moins flexibles que les cellules souches embryonnaires donc plus difficiles à reprogrammer pour former d’autres tissus.

a) Utilisation des cellules souches en opthalmologie, quelques exemples :
La cornée : Le clignement des yeux et l’exposition au milieu extérieur peut provoquer des lésions chroniques de certaines cellules ainsi que l’opacité de la cornée. En général, les cellules endommagées sont remplacées par de nouvelles cellules formées à partir de cellules souches localisées à la périphérie de la cornée, les cellules limbiques. Si ces cellules ne sont plus disponibles à la suite d’une blessure ou d’une maladie, les lésions ne sont plus réparables et cela se traduit par une perte de vision significative. Il est désormais possible de greffer des petits morceaux du limbe de l’autre œil et de rétablir la transparence de la cornée.
La rétine : L’équipe de Schwartz et al., (2012) vient de tester la possibilité de transplanter des cellules souches embryonnaires dérivées de l’épithélium pigmentaire dans la rétine de patients ayant développé certaines maculopathies (la maladie de Stargardt et la dégénérescence maculaire liée à l’âge dans sa forme sèche). Ces chercheurs ont montré que 4 mois après la transplantation, il n’y avait aucun signe de prolifération cellulaire ou de rejet. Ce temps est cependant trop court pour que l’on puisse parler de réussite totale.
Une récente étude (Nakano et al., 2012) démontre qu’il est désormais possible, à partir de cellules souches embryonnaires humaines mises dans un milieu de culture, de fabriquer une cupule optique contenant des photorécepteurs – la cupule optique est la structure émanant du cerveau à l’origine de la rétine. Cette découverte est porteuse de nombreux espoirs quant à la réparation rétinienne.
I. Les cellules transformées – Les cellules pluripotentes induites (IPSc) :
a) Qu’est-ce qu’une cellule pluripotente induite ?
Il s’agit d’une cellule qui va être génétiquement reprogrammée pour revenir à un état embryonnaire précoce (Fig.2)

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Figure 2 : Schéma représentant les principales étapes de la reprogrammation cellulaire

En 2012, le prix Nobel de Médecine a été attribué à deux chercheurs: le britannique John B. Gurdon et le japonais Shinya Yamanaka. Ils ont découvert que des cellules matures pouvaient être reprogrammées génétiquement pour devenir pluripotentes. Ces cellules sont appelées IPSc (pour « induced pluripotent stem cells » = cellules pluripotentes induites).
La reprogrammation de cellules différenciées en cellules IPS consiste donc à introduire dans une cellule mature, certains gènes (comme Oct3/4, Sox2, c-Myc, et Klf) afin de réactiver les signaux d’immaturité et de prolifération caractéristiques d’une cellule pluripotente. L’intégration des gènes a d’abord été réalisée grâce à des vecteurs viraux qui s’intégraient dans le génome de la cellule hôte mais ces vecteurs pouvaient entrainer un risque de mutation. On utilise donc désormais des vecteurs non intégratifs comme des plasmides qui, en plus, finissent par se désintégrer.
Depuis 2007, des centaines de lignées d’IPSc ont été obtenues à partir de presque tous les types de cellules adultes capables de se multiplier. Les fibroblastes cutanés sont les cellules les plus utilisées car elles sont faciles d’accès mais des essais concluants ont eu lieu avec bien d’autres types de cellules comme par exemple : les kératinocytes (autres cellules de la peau), les adipocytes (cellules spécialisées dans le stockage de la graisse), ou les cellules hématopoïétiques (cellules du sang).
a) Avantages/Inconvénients
– Comme les cellules souches, les IPSc prolifèrent et peuvent se différencier dans tous les types cellulaires d’un organisme.
– Elles peuvent être prélevées par simple biopsie chez l’adulte, donc il n’y a aucun problème éthique.
– Les cellules peuvent être prélevées chez un individu et greffées après reprogrammation chez le même individu, donc pas de phénomène de rejet.
– Elles peuvent être utilisées sans risque pour tester de nouveaux médicaments
Mais
• Il n’est pas impossible que la reprogrammation induise quelques mutations et/ou modifications génétiques pour altérer le fonctionnement des cellules.
• Une prolifération anarchique des cellules reprogrammées (risque tumoral) après leur greffe n’est pas à exclure
a) Utilisation des IPSc en ophtalmologie, quelques exemples
Des expérimentations concluantes ont été menées préalablement chez des animaux. Ainsi, de nouveaux photorécepteurs fabriqués à partir de cellules prélevées sur la queue d’une souris atteinte d’une maladie rétinienne génétique, ont pu être réimplantés dans la rétine de ces animaux. De ce fait, le fonctionnement rétinien a pu être partiellement restauré (Tucker et al., 2011)
Des essais cliniques sont actuellement initiés chez l’Homme, Ainsi, S. Yamanaka a annoncé pour 2013/2014 le lancement d’un premier essai clinique utilisant des cellules IPS pour régénérer la rétine et l’épithélium pigmentaire de patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
I. Les stimulations électriques favorisant la neurogenèse
a) Pourquoi des stimulations électriques ?
Le SNC fonctionne avec l’électricité qui est générée par les neurones. Ainsi, dans la rétine, ce sont les photorécepteurs qui vont transformer les informations visuelles et lumineuses qu’ils reçoivent en messages électriques qui, seuls pourront être compris et interprétés par le cerveau. De nombreux travaux expérimentaux démontrent que si la perte de l’activité électrique conduit à la mort des neurones, le maintien de cette activité voire leur stimulation accrue augmente leur survie. Ces effets bénéfiques ont été observés dans certaines parties du SNC comme par exemple, la cochlée (Leake et al., 1999) et la moelle épinière (Becker et al., 2010)
Des expérimentations ont été menées sur l’œil et il existe différents types de stimulations, comme par exemple :
-une stimulation transcornéale : l’électrode de stimulation est placée sur une lentille placée sur la cornée
-une stimulation sous-rétinienne : l’électrode de stimulation est placée à l’intérieur de l’œil près de la couche des photorécepteurs ou au niveau des cellules ganglionnaires
a) Avantages/Inconvénients :
– Cette technique permet de ralentir la dégénérescence des cellules rétiniennes
Mais
– Les différents neurones rétiniens ont des seuils électro physiologiques différents. Il est donc nécessaire de calibrer parfaitement l’intensité de la stimulation
– La pose des électrodes peut être la cause d’inflammation ou de gliose réactive au niveau de la rétine limitant la stimulation neurale voire provoquant dans certains cas, provoquant une mort cellulaire secondaire
a) Utilisation des stimulations électriques en ophtalmologie, quelques exemples :
Les essais cliniques sont en cours sont en cours et il n’existe encore que peu de données.
En revanche, des nombreuses expérimentations ont été réalisées chez des animaux. Ainsi, la stimulation électrique des cellules ganglionnaires de rats mises en culture de murins augmente la survie de ces cellules et participe à la croissance de leurs prolongements (Goldberg et al., 2002). Chez des rats de souche « Royal College Surgeon » (RCS), modèles animaux d’une pathologie dégénérative humaine, la rétinite pigmentaire, des stimulations électriques sous rétiniennes ralentissent la dégénérescence des photorécepteurs (Pardue et al., 2005 ; Ciavatta et al., 2009)

Becker D, Gary DS, Rosenzweig ES, Grill WM, McDonald JW. Functional electrical stimulation helps replenish progenitor cells in the injured spinal cord of adult rats. Exp Neurol. 2010, 222(2):211-218
Ciavatta VT, Kim M, Wong P, Nickerson JM, Shuler RK Jr, McLean GY, Pardue MT. Retinal expression of Fgf2 in RCS rats with subretinal microphotodiode array. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2009, 50(10):4523-4530.
Goldberg JL, Espinosa JS, Xu Y, Davidson N, Kovacs GT, Barres BA. Retinal ganglion cells do not extend axons by default: promotion by neurotrophic signaling and electrical activity. Neuron. 2002, 33(5):689-702.
Leake PA, Hradek GT, Snyder RL. Chronic electrical stimulation by a cochlear implant promotes survival of spiral ganglion neurons after neonatal deafness. J Comp Neurol. 1999, 412(4):543-562.
Nakano T, Ando S, Takata N, Kawada M, Muguruma K, Sekiguchi K, Saito K, Yonemura S, Eiraku M, Sasai Y. Self-formation of optic cups and storable stratified neural retina from human ESCs. Cell Stem Cell. 2012, 10(6):771-785.
Pardue MT, Phillips MJ, Yin H, Sippy BD, Webb-Wood S, Chow AY, Ball SL. Neuroprotective effect of subretinal implants in the RCS rat. Invest Ophthalmol Vis Sci., 46(2):674-682.
Schwartz SD, Hubschman JP, Heilwell G, Franco-Cardenas V, Pan CK, Ostrick RM, Mickunas E, Gay R, Klimanskaya I, Lanza R. Embryonic stem cell trials for macular degeneration: a preliminary report. Lancet. 2012, 379:713-720
Tucker BA, Park IH, Qi SD, Klassen HJ, Jiang C, Yao J, Redenti S, Daley GQ, Young MJ Transplantation of Adult Mouse iPS Cell-Derived Photoreceptor Precursors Restores Retinal Structure and Function in Degenerative Mice) PLoS One. 20116(4)
Valamanesh F, Monnin J, Morand-Villeneuve N, Michel G, Zaher M, Miloudi S, Chemouni D, Jeanny JC, Versaux-Botteri C. Nestin expression in the retina of rats with inherited retinal degeneration. Exp Eye Res. 2013 May;110:26-34.